The Counter-Revolution of Science:Fiche de lecture


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Friedrich Hayek

 

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12.12.2009
"Studies on the Abuse and Decline of Reason", vol. 13 des collected works of F.A. Hayek, sera publié en 2010.

Sommaire

Première partie : Scientisme et sciences sociales

[1]

I. L'influence des sciences de la nature sur les sciences de l'homme

Passage d’une extension large du terme science (non distinguée de la philosophie) à un sens restreint (rigueur, mesure) qui sera celui de la physique ou de la biologie) (x/1 ) * Fascination pour les Sciences et désir de les imiter dans les autres branches, sociales ou humaines (x/2) : Bacon, Comte, Durkheim (x/3) * Du moins croyait-on imiter cette méthode sans vraiment l'appliquer en pratique (x/4) * Cette recherche de scientificité devient une « habitude de pensée » : le « scientisme » ou « préjugé scientiste ». Scientisme : appliquer les méthodes des sciences naturelles hors de leur sphère d’origine * Attitude mentale : la « mentalité polytechnicienne » (x/5)

II. Le problème et la méthode des sciences de la nature

La science a dû se frayer un chemin au milieu de conceptions non-scientifiques ; mais aujourd’hui l’essor devient un excès qui menace les sciences sociales (27/6) * Obstacle face à la science : l’argument d’autorité, l’idée d’une réalité transcendantale, l’anthropomorphisme (29/7) * La science se développa contre l’anthropomorphisme ; expliquer revient à chercher un monde « en soi » (x/8) * La science vise à comprendre le monde au-delà de l'empirisme (31/9) * Les mathématiques deviennent son langage adéquat (33/11) * Illusion du pur enregistrement de data : il y a toujours une théorie qui préside à la classification des faits du monde fournis par la sensation (x/12-14) * Les sciences de la nature ne s’intéressent pas à la façon dont les hommes voient le monde, mais au monde tel qu'il est (réalisme), sachant que tous les hommes perçoivent le monde naturel selon les mêmes rapports (« système de relations homéorphiques ») (38/15)

III. Le caractère subjectif des données dans les sciences sociales

Les sciences sociales (SS) étudient les rapports homme-chose et hommes entre eux (42/17), mais seulement les actions intentionnelles et non les réflexes ou encore les choses qui sont simplement attachées à l’homme tout en restant du ressort des sciences naturelles (SN) (ex. maladie, attributs physiques) * L’intersubjectivité est possible en pensant par analogie - à l'aune de son propre vécu - l’expérience des autres hommes, car 1) tous les corps (sains) sont physiologiquement identiques, 2) un groupe humain transmet des conceptualisations que les individus qui le composent auront en commun (43/19) * Un objet de sciences sociales n’est pas un fait objectif, mais un fait subjectif partagé, le terme « téléologique » est trompeur car il tend à faire penser que tout est voulu par une conscience transcendante (hyper-fonctionnalisme) ; « praxéologique » serait le meilleur terme (45n3/n20) * L'esprit des gens étudiés, celui du chercheur et leur rencontre (intersubjectivisation herméneutique) font partie des SS où règne la subjectivité (46/20) * La dispersion, l’incomplétude et l’incohérence (chez beaucoup d’individus) de la connaissance n’est pas une "poussière" à éliminer mais un fait majeur des SS (49/24) * Les rapports des hommes aux choses ou les rapports sociaux, ne sont des faits que temps qu'ils sont partagés (ce qu'a bien développé Mises avec son a priorisme et son subjectivisme), de sorte qu'il est vain de vouloir comprendre un fait social de manière behavioriste ou matérialiste (52/26)

  • Ex. en sciences économiques (valeur de la terre, du prix) : ce ne sont pas tant les choses en elles-mêmes qu’il faut observer pour comprendre leur « pourquoi », mais ce que le rapport très relatif des gens à ces choses (besoin, envie, rareté, etc.) (x/27) * Ce n’est pas la somme des croyances humaines compris en un tout indissociable, mais les multiples actions individuelles et leur pratique qui forment une structure sociale : les hommes changent, les rôles sont les mêmes ; les individus sont des foyers de relations (x/30)

IV. La méthode individualiste et « synthétique » des sciences sociales

La recherche en sciences sociales n’est pas un relativisme (61/x) * Il faut pouvoir faire la part entre ce qui est constitutif de la chose et ce qui est opiné d’elle (62/x) * … Distinction entre les idées constitutives et explicatives (64/x) * Différences entre SC et SN : les premières doivent partir de la partie vers le tout et SN l’inverse (66/x) * SN sont analytiques alors que SC sont synthétiques (67/x) * les sciences économiques n’essayent pas d’expliquer les actions (du ressort de la psychologie) mais des schémas de relations sociales (68/x) * exemples de créations collectives non planifiées (undesign) et imprévisibles (chemins, langage) (69-70/x) * quelques que soient leurs cycles de vie et de reproduction, ces créations sont appréhendées par un schéma général (“explanation of the principle”) et non une connaissance de détails (72/x) * le nombre de variables en SC empêche toute prévision et la trop grande précision (73-74/x) * exemple d’échec hyper-rationaliste : l’équilibre général de Pareto/Walras (74-75/x)

V. L'objectivisme scientiste

Ligne d’opposition : Objectivisme vs subjectivisme, collectivisme vs individualisme, historicisme vs caractère théorétique des sciences sociales (77-78/x) * L’attitude naïve des positivistes (Comte), behavioriste (Watson) et physicalistes (Neurath) (78-79/x) * la classification des choses se fait bien moins par leurs similitudes physiques que le sens qu’elles ont pour nous (81-82/x) * tous les termes abstraits sont des classifications cérébrales (83/x) * les classifications ne sont pas dans les choses mais dans les cerveaux (84/x) * un appareil de classification peut seulement comprendre des ordres de complexité inférieurs à lui-même. Corollaire : un cerveau humain ne pourra jamais comprendre un autre cerveau humain (86/x) * … Le désir de quantifier conduit à assigner des valeurs chimériques à des objets non mathématisables (qualitatif) (88/52) * L’idée d’un super esprit capable de connaître tous les facteurs de l’organisation sociale est chimérique (91/53)

VI. Le totalisme scientiste

Totalisme/collectivisme méthodologique fait des « modèles construits par le sens commun », vus de l’intérieur (« capitalisme », « économie ») des entités en-soi, vues de l’extérieur et de leur prêter anthropomorphiquement des rôles ou des désirs (93/56) * Ces scientistes tombent dans le fallacy of misplaced concreteness – A.N. Whitehead) (x/58) * Les modèles sociologiques n’ont pas d’unité naturelle mais sont des agrégats choisis parmi de nombreux autres et donc, construits (x/59) * Exemple de substantivisation de modèles (« marché », « être collectif ») (x/60-62) * Comte : le totalisme/holisme va très bien dans son schéma de hiérarchie des sciences, et de la continuité entre elles, hors elles sont hétérogènes (x/63) * En plus de croire que l’on ne peut étudier les phénomènes sociaux que du point de vue du tout, les holistes dénient la possibilité de limites spatio-temporelles : mène à l’historicisme (x/64) * Le point de vue télescopique des totalistes (macro, extérieur) (x/65-66) * « Etres collectifs » et statistiques : la statistique peut fournir des informations sur la structure sociale mais ne peut rien dire de cette structure en elle-même. (x/67-70)

VII. L'historicisme scientiste

Les deux sens du terme « historicisme » : il ne peut y avoir d’histoire scientifique (veille école), la science ne peut être que scientifique (nouvelle, scientiste), la première école (dont Burke, Savigny, A. Smith) pensait l’unicité de chaque période en refusant le rationalisme outrancier, quand les seconds, scientistes à leur insu, pensent une grande continuité (ou déploiement d’un processus) lois que l’esprit humain peut embrasser de manière synoptique (Schmoller) (x/71-72) * … * On n’étudie pas un objet dans son entièreté mais selon des critères choisis, certains aspects (x/77-79) * Le caractère construit des ensembles historiques (x/79-81) * Il y a toujours une théorie derrière toute scansion historique (x/82) * Fond et forme, général et particulier, théorie et évènement singulier sont complémentaires : l’un sert à l’autre, et le deuxième impossible sans le premier (x/82-84) * Le point de vue naïf, voulant que les ensembles historiques sont donnés, conduit à chercher des lois de l’histoire, celles-ci devant éclairer le particulier (x/84-85) *L’historicisme du XXème siècle et son emprise sur les mentalités (x/85-86) * La non-historicité de l’explication, de la similitude de la « structure fondamentale de l’esprit humain » (x/86-88) * Si l’historicisme était vrai on ne pourrait comprendre le passé, il faudrait décrire les évènements de manière physicaliste (behavioristes) (x/90-93)

VIII. La « finalité » des formations sociales

Première conséquence pratique : à voir des plans délibérés partout, il en ressort une incapacité à appréhender les ordres spontanés (141-142/94) * Des sens des mots « lois », « organisation », « dessein ». Légitimité du fonctionnalisme en biologie et abus en sociologie : organicisme (143/96) * Observer que des éléments sauvegardent les relations structurelles de l’ensemble comme s’ils avaient été délibérés ne veut dire qu’ils l’ont été * Le grand problème de la sociologie (cf. Menger après Smith) est de savoir comment se forment et se maintiennent ces ordres spontanés, comme en biologie il faut comprendre la vie et la mort des êtres (x/99) *

IX. Direction « consciente » et croissance de la raison

Contrairement à Whitehead qui pensait que plus on peut s’insérer dans un système sans tout connaître, les héritiers de Hegel et du positivisme (Hobhouse, Needham, Mannheim) pensent que l’humanité objectivise peu à peu ses connaissances (progressisme) (x/103-105) * La « sociologie de la connaissance » est le support réflexif qui permet de savoir pourquoi les individus pensent telles ou telles choses, faisant tout entrer dans leur système explicatif (x/106) * La connaissance réflexive demande de connaître plus qu’on ne peut connaître : contradiction dans les termes * les théories non-falsifiables sont la défaite et non le sommet de la raison. (x/107-108) * Totalisme méthodologique et totalisme politique, logiquement distincts, sont liés l’un à l’autre par rapport de cause à effet car le désir de tout connaître et de tout contrôler conduit naturellement au dirigisme (x/109-110) * Le constructivisme moral (Comte : « morale démontrée ») contre la « morale révélée » (x/163/111)

X. Ingénieurs et planistes

Les faveurs pour le « planisme économique » provient du désir d’appliquer l’ingénierie à chaque domaine (y compris l’art) et faire de la société une grande mécanique (x/112-113) * L’ingénieur a un produit fini et clairement identifiable à créer, qui n’est pas comparable à l’étude d’une société (x/113) * L’ingénieur peut réaliser sa tâche car il bénéficie sans s’en rendre compte d’un savoir qui le dépasse largement et se transcrit dans le système des prix ou des taux d’intérêts qui témoignent de la rareté du capital (x/114-115) * L’ingénieur, pour réussir, devrait connaître l’ensemble du système aussi précisément qu’il connaît actuellement son champ très restreint (x/116-117) * « ressources disponibles » et « besoins existants » ne sont pas des faits objectifs (x/118) et seuls les marchés peuvent pallier le manque d’information (x/119-120) * Ressort psychologique du socialiste : le désir de construire lui-même (x/121) * La vraie science est connaissance des limites de la raison, quand les socialistes veulent être des dieux terrestres (x/123)

Deuxième partie : The Counter-Revolution of Science

XI. The Source of the Scientific Hubris: l’Ecole Polytechnique

XII. The « Accoucheur D’Idées » : Henri De Saint-Simon

XIII. Social Physics : Saint-Simon and Comte

XIV. The Religion of the Engineers : Enfantin and the Saint-Simonians

XV. Saint-Simonian Influence

XVI. Sociology: Comte and His Successors

Troisième partie : Comte and Hegel

XVII. Comte and Hegel

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  1. La première partie de ce qui deviendra en 1952 The Counter-Revolution of Science, a été publiée préalablement en trois parties dans la revue Economica en 1941, durant la même période où Hayek rédigeait La Route de la servitude. Ces deux textes auraient dû, dans un projet initial nommé The Abuse and Decline of Reason, former un tout où après avoir développé les soubassements épistémologiques de l'erreur du constructivisme (CRS), il aurait pu passer aux conséquences morales et politiques (RS) de celle-ci en montrant l'unique parenté intellectuelle des deux grands totalitarismes du XXe siècle et pourquoi les formes soft n'en sont les marche-pieds.