Max Weber, Economie et société

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Max Weber
Titre original : Wirtschaft und Gesellschaft
Première publication : Publié à tire posthume en 1921
Edition utilisée : Pocket/Agora, 1995
Traduit par Julien Freund, Pierre Kamnitzer, Pierre Bertrand, Jean Maillard et Jacques Chavy en 1971, sous la direction d'Eric de Dampierre
Publié ici : Sommaire et chapitre VI du tome II sur la communauté de marché

Sommaire

Sommaire

Tome 1 - Les catégories de la sociologie
I - Les concepts fondamentaux de la sociologie
Remarque préliminaire
1. Notion de la sociologie et du « sens » de l'activité sociale
A. Fondements méthodologiques
B. Le concept d'activité sociale
2. Déterminants de l'activité sociale
3. Les relations sociales
4. Types de régularités dans l'activité sociale : l'usage, la coutume, l'intérêt mutuel
5. Concept de l'ordre légitime
6. Sortes d'ordres légitimes : convention et droit
7. Fondements de la validité de l'ordre légitime : tradition, croyance, légalité
8. Concept de la lutte
9. Communalisation et sociation
10. Relations sociales ouvertes et fermées
11. Imputation de l'activité. Rapports de représentation
12. Concept et sortes de groupements
13. Règlements d'un groupement
14. Règlement administratif et règlement régulateur
15. Entreprise et groupement organisé en entreprise, association, institution
16. Puissance, domination
17. Groupement politique, groupement hiérocratique
II - Les catégories sociologiques fondamentales de l'économique
Remarque préliminaire
1. Concept de l'activité économique
2. Concept de l'utilité
3. Orientation économique de l'activité
4. Mesures typiques de l'activité économique rationnelle
5. Sortes de groupements économiques
6. Moyens d'échange, instruments de paiement, monnaie
7. Conséquences typiques de l'utilisation de la monnaie
8. Situation du marché. Qualité marchande, liberté du négoce, réglementation du marché
9. Rationalité formelle et matérielle de l'économie
10. Rationalité du calcul monétaire
11. Concept et variétés de l'activité lucrative, le compte capital
12. Compte en nature et économie naturelle
13. Conditions de la rationalité formelle du calcul
14. Économie transactionnelle et économie planifiée
15. Types de répartitions des prestations économiques (généralités)
16-17. L'articulation technique des prestations
18. La répartition sociale des prestations
19. Appropriation des prestations
20. Appropriation des moyens de production et d'approvisionnement
21. Appropriation des fonctions ordonnatrices
22-23. Expropriation des travailleurs à l'égard des moyens de production et d'approvisionnement
24. Profession et modalités professionnelles
24a. Formes principales des rapports d'appropriation et de marché
25. Conditions du calcul des prestations optimales : adaptation, qualification, zèle au travail
26. Le communisme des prestations adversaire du calcul du rendement. Formes du communisme
27. Biens d'investissement. Compte capital
28-29-29a. Concept et formes du commerce
30. Conditions de rationalité formelle maximale du compte capital
31. Tendances typiques de l'orientation « capitaliste » du profit
32. Le système monétaire de l'État moderne et les diverses sortes de monnaie : la monnaie courante
33. Monnaie bloquée
34. Monnaie fiduciaire
35. Validité formelle et validité matérielle de la monnaie
36. Moyens et buts de la politique monétaire
36a. Excursus sur la théorie de la monnaie de Knapp
37. Importance extra-monétaire des groupements politiques pour l'économie
38. Financement des groupements politiques
39. Réaction sur les économies privées
40. Influence de l'économie sur la formation des groupements
41. Les ressorts de l'activité économique
III - Les types de domination
1. Les fondements de la légitimité
1. Définition, condition et modes de domination
2. Les types de domination légitime
2. La domination légale à direction administrative bureaucratique
3. La domination légale
4. Le type pur de la domination légale : la direction administrative bureaucratique
5. L'administration bureaucratico-monocratique
3. La domination traditionnelle
6-7. La domination traditionnelle
7a-8. Gérontocratie, patriarcalisme, patrimonialisme
9. La domination d'un ordre
4. La domination charismatique
10. La domination charismatique
5. La routinisation du charisme
11-12-12a. La routinisation du charisme et ses effets
6. La féodalité
12b. Féodalité. Féodalité de fiefs
12c. Féodalité de bénéfices et autres féodalités
13. Combinaison des différents types de domination
7. Le charisme réinterprété en toute relation de domination
14. Réinterprétation du charisme en dehors de toute relation de domination
8. La collégialité et la division du pouvoir
15. Types de collégialité et de division des pouvoirs
16. La division des pouvoirs par leur spécialisation
17. Relations de la division des pouvoirs avec l' économie
9. Les partis
18. Concept et essence des partis
10. L'administration de groupements en dehors de toute relation de domination et l'administration par des représentants
19. L' administration sans domination
20. L'administration des notables
11. La répresentation
21. Essence et formes de la représentation
22. La représentation par les représentants d'intérêts
IV - Ordres et classes
1. Concepts
1-2. Situation de classe, classes
3. Condition, ordres

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Tome 2 - L'organisation et les puissances de la société dans leur rapport à l'économie
I - Les relations fondamentales entre l'économie et l'organisation sociale
II - Les relations économiques des communautés (économie et société) en général
III - Les types de communalisation et de sociation dans leurs relations avec l'économie
IV - Les relations communautaires ethniques
V - Les types de communalisation religieuse (sociologie de la religion)
VI - La communauté de marché

Economie et société

Tome II

VI. La communauté de marché

[382][1] La sociation par l'échange sur le marché, en qu'archétype de toute activité sociale rationnelle, s'oppose maintenant à toutes les formes de communauté dont nous a parlé jusqu'à présent, lesquelles n'impliquent qu'une rationalisation partielle de leur activité communautaire et qui, pour le reste, sont de structures extrêmement diverses — plus ou moins amorphes ou sociétisées, plus ou moins continues ou discontinues, plus ou moins ouvertes ou fermées.

On doit parler de marché dès que, ne serait-ce que d'un côté, une majorité de candidats à l'échange entrent en concurrence pour des chances d'échange. Qu'ils se rencontrent au marché local, au marché de grand trafic (foire) ou au marché des négociants (la Bourse), la forme la plus conséquente de la formation du marché est la seule qui permette le plein épanouissement du phénomène spécifique du marché : le marchandage. La discussion des processus de marché constituant la matière essentielle de l'économie sociale, nous n'avons pas à en parler ici. Sur le plan sociologique, le marché représente une simultaneité et une succession de sociations rationnelles dont chacune est à ce point spécifiquement éphémère qu'elle s'éteint avec l'échange des biens qui en font l'objet, en supposant qu'une réglementation des opérations n'a pas déjà été imposée pour garantir entre les partenaires de l'échange la légalité de l'acquisition des biens échangeables (garantie d'éviction). L'échange réalisé ne constitue une sociation qu'entre les partenaires de l'échange. Mais le marchandage préparatoire est toujours activité communautaire dans la mesure où les deux aspirants à l'échange orientent leurs offres en fonction de l'activité potentielle d'un nombre indéfini d'autres concurrents, réels ou imaginaires, intéressés à l'échange, et non seulement sur l'activité des partenaires de l'échange, et plus cela est vrai, plus le marché est une activité sociale. Tout échange qui utilise l'argent (achat) est, de plus, une activité communautaire du fait de l'emploi de la monnaie qui assume sa fonction uniquement par référence à l'activité potentielle d'autrui. Car le fait que l'argent est accepté repose exclusivement sur l'attente qu'il continuera d'être demandé et employé comme moyen de paiement. La communalisation en vertu de l'emploi de l'argent est l'antithèse caractéristique de toute sociation au moyen d'un ordre imposé issu d'un pacte.

L'action de l'argent est communalisante du fait des rapports d'intérêts réels entre les gens intéressés, actuellement ou potentiellement, au marché ou au paiement. Il en résulte que, lorsqu'elle est pleinement développée, l'économie dite monétaire (dont la nature est très spécifique) se comporte comme si son action avait créé un ordre auquel on aurait visé. Ceci découle du fait qu'à l'intérieur de la communauté de marché l'acte d'échange, principalement l'échange d'argent, ne s'isole pas de l'activité des partenaires ; au contraire, plus il est pesé rationnellement, plus il est orienté sur l'activité de tous ceux qui sont potentiellement intéressés à l'échange. La communauté de marché, en tant que telle, est le plus impersonnel des rapports de la vie pratique dans lesquels les hommes peuvent se trouver. Non point parce que le marché implique une lutte entre les intéressés. [383] Tout rapport humain, même le plus intime, même le dévouement personnel le plus inconditionnel, est, dans un sens quelconque, d'un caractère relatif et peut signifier une lutte avec le partenaire, par exemple pour sauver une âme. Mais au contraire parce qu'il est, de manière spécifique, orienté objectivement sur l'intérêt pour les biens d'échange, et seulement sur ceux-ci. Lorsque le marché est laissé à sa propre légalité, il n'a de considération que pour les choses, aucune pour les personnes ni pour les devoirs de fraternité ou de piété, aucune non plus pour les rapports humains originels, propres aux communautés personnelles. Tous ces rapports sont des obstacles au libre développement de la communalisation du marché toute nue, et les intérêts spécifiques de celle-ci sont une tentation pour eux tous. Les intérêts à finalité rationnelle déterminent dans une grande mesure les processus de marché, et la légalité rationnelle, en particulier l'inviolabilité des promesses faites, est la qualité que chaque participant à l'échange attend de son partenaire et constitue l'éthique du marché. Celle-ci, à cet égard inculque des conceptions incroyablement rigoureuses : dans les annales de la Bourse, il est tout à fait inouï qu'un accord conclu par un signe imperceptible, impossible à prouver, ait été rompu. Comme Sombart, notamment, l'a brillamment souligné, une objectivation aussi absolue répugne à toutes les formes primitives des structures des rapports humains.

Le marché « libre », c'est-à-dire le marché qui n'est pas lié par des normes éthiques, avec sa mise à profit des constellations d'intérêts et de la situation de monopole, avec aussi son marchandage, est considéré par toute éthique comme indigne entre frères. Le marché est en opposition complète avec toutes les autres communalisations, qui présupposent toujours une fraternisation personnelle et, la plupart du temps, les liens du sang ; il est radicalement étranger à toute fraternisation.

L'échange libre se passe seulement, d'abord, en dehors de la communauté de voisinage et de tous les liens personnels ; le marché est un rapport entre les frontières du lieu, du sang, du clan [Stamm] ; à l'origine, il est l'unique rapport entre eux qui soit de forme pacifique. A l'origine, un commerce visant au profit dans l'échange ne pouvait pas exister entre membres d'une même communauté, et certes la nécessité n'en existait pas dans des temps d'économies agraires personnelles. L'une des formes caractéristiques du commerce non encore développé est l'échange muet. Cet échange s'effectue sans contacts personnels, l'offre se fait en déposant les marchandises en un endroit habituel, la contre-offre également ; le marchandage consiste à augmenter d'un côté ou de l'autre les marchandises offertes jusqu'à ce que l'une des parties, insatisfaite, retire ses marchandises, ou, satisfaite, emporte celles du partenaire. L'échange muet est l'opposé radical de toute fraternité personnelle.

La garantie que le partenaire obéit à la loi de cet échange repose, en dernière analyse, sur la supposition, généralement justifiée, faite par chacun des participants que tous deux auront intérêt à poursuivre à l'avenir les rapports d'échange soit avec le présent partenaire, soit avec d'autres ; par conséquent ils tiennent les engagements pris, à moins qu'une flagrante injure faite à la bonne foi ne les en dispense. Pour autant que l'intérêt persiste, on suit le principe que honesty is the best policy, ce qui évidemment n'est pas d'une exactitude universelle et rationnelle ; sa validité étant empirique et fluctuante, elle sera le plus élevée, naturellement, pour les entreprises rationnelles ayant une clientèle permanente donnée.

En fait, sur le terrain des rapports de clientèle fixe, par conséquent capables de se conjuguer avec une appréciation personnelle réciproque en rapport avec les qualités éthiques de conduite de marché, les relations d'échanges portées par les intérêts des participants peuvent se défaire très facilement du caractère de marchandage sans frein en faveur d'une limitation relative, dans l'intérêt propre, des fluctuations de prix et de la mise à profit de la constellation d'intérêts du moment. Nous n'entrerons pas ici dans le détail des conséquences [de ces faits] sur la formation des prix. Le prix fixe, c'est-à-dire le prix pratiqué envers tous les acheteurs, et la stricte honnêteté ne sont pas seulement particuliers aux marchés locaux réglementés du Moyen Âge en Occident, et ce par opposition à ceux d'Orient et d'Extrême-Orient, mais ils sont, en outre, [384] un présupposé et un produit d'un stade déterminé de l'économie capitaliste, notamment de l'économie capitaliste primitive. Ce présupposé fait défaut là où ce stade n'existe plus. En outre, il manque à tous ces ordres [Stand] et autres groupes qui participent à l'échange non pas régulièrement et activement, mais seulement occasionnellement et de façon passive. Le principe caveat emptor, par exemple, est valide (l'expérience nous l'enseigne) surtout dans les échanges commerciaux avec les couches féodales ou dans l'achat de chevaux, entre camarades de la cavalerie, ainsi que nul officier ne l'ignore. L'éthique spécifique du marché leur est étrangère ; ils se représentent le commerce de la même façon que le conçoit le groupe rural de voisinage, ils se comportent de façon identique, et pour eux la question est tout simplement : qui trompe qui ?

Le marché est typiquement limité par des tabous sacrés ou des sociations monopolistes dérivant des ordres [ständisch] qui rendent impossible l'échange des biens avec l'extérieur. Ces limitations sont attaquées sans répit par la communauté de marché dont la simple existence constitue une tentation de participer aux chances de profit qu'elle renferme. Lorsque le processus d'appropriation a suffisamment progressé au sein d'une communauté monopoliste, celle-ci se ferme à ce qui lui est extérieur, et le sol ou le droit d'utiliser le territoire qui dépend d'une communauté de village sont aussi définitivement et héréditairement appropriés. De telle sorte qu'avec le développement de l'économie monétaire, laquelle rend possibles une différenciation croissante des besoins pouvant être satisfaits l'échange indirect et une existence indépendante de la possession du sol, naît un intérêt normalement croissant des participants individuels pour la possibilité d'échanger la propriété qui leur a été dévolue contre la meilleure offre, même si celle-ci est faite par quelqu'un de l'extérieur. Exactement comme, par exemple, les cohéritiers d'une usine tendent toujours, à la longue, à créer une société par actions pour pouvoir vendre librement leurs parts. De plus, une économie capitaliste naissante, à mesure qu'elle se renforce, exige de pouvoir acquérir sur le marché des moyens matériels de production et des prestations de travail sans être entravée par des liens sacrés ou découlant des ordres [ständisch]. Les capitalistes intéressés favorisent ainsi l'extension accrue du marché libre jusqu'à ce que quelques-uns d'entre eux réussissent, en achetant des privilèges au pouvoir politique ou simplement en vertu de la puissance du capital, à obtenir un monopole pour vendre leurs produits, ou aussi pour acquérir leurs moyens matériels de production, fermant ainsi le marché à leur tour.

L'appropriation complète des moyens matériels de production a pour conséquence immédiate l'éclatement des monopoles des ordres [ständisch]. C'est ce qui se produit quand ceux qui ont des intérêts [dans le système] capitaliste sont en mesure d'influencer en leur faveur les communautés qui régularisent la possession des biens et le mode de leur utilisation ; ou bien quand, à l'intérieur de communautés monopolistes d'ordres [ständisch], ceux qui ont intérêt à utiliser sur le marché leurs possessions acquises obtiennent la suprématie. En outre, les droits acquis ou qui peuvent l'être, garantis par l'appareil coercitif de la communauté qui règle la possession des biens sont simplement limités aux biens matériels et aux revendications de dettes contractuelles, y inclus les prestations de travail convenues. Par contre, toutes les autres appropriations, en particulier toutes les appropriations de clientèle ou de monopoles de vente appartenant à des ordres [ständisch], sont anéanties. Cet état de choses, que nous appelons libre concurrence, dure jusqu'à ce que d'autres monopoles les remplacent, monopoles capitalistes cette fois, obtenus sur le marché par la force de la propriété. Mais ces monopoles capitalistes ne diffèrent des monopoles d'ordres [ständisch] que par leur caractère purement économique et rationnel. Par les restrictions qu'ils apportent soit aux possibilités de vente en général, soit aux conditions de vente permises, les monopoles d'État [ständisch] excluent, à l'intérieur de leur champ d'action, le mécanisme du marché avec son marchandage et, surtout, son calcul rationnel. En revanche, les monopoles qui sont conditionnés par la seule puissance de la propriété reposent sur une politique monopoliste rationnelle, c'est-à-dire sur une domination rationnellement calculée [385] des processus de marché qui peuvent, cependant, rester formellement entièrement libres. Les liens sacrés, d'ordre [ständisch] ou traditionnels qui ont été, peu à peu, éliminés, constituent des restrictions à la formation rationnelle des prix ; inversement, les monopoles purement déterminés par l'économie en sont l'ultime conséquence. Les bénéficiaires de monopoles d'ordres [ständisch] affirment leur pouvoir contre le marché et le limitent, tandis que le monopoliste économique rationnel règne à travers le marché. Nous appellerons intéressés au marché les gens que leur situation économique met en mesure d'obtenir la puissance en vertu de la liberté formelle du marché. Un marché concret peut être soumis à des normes convenues de façon indépendante entre les participants au marché ou imposées par les communautés les plus diverses, notamment les groupes politiques ou religieux. Dans la mesure où ces normes ne renferment pas de limitations de la liberté du marché, c'est-à-dire n'apportent pas de restrictions au marchandage et à la concurrence, ou si elles fixent des garanties pour maintenir la légalité du marché, les modes et les moyens de paiement, elles visent surtout à garantir la paix du marché aux époques où règne l'insécurité entre les localités. Étant donné qu'à l'origine le marché était une sociation avec des étrangers au groupe, donc avec des ennemis, cette garantie était généralement remise aux puissances divines — à l'instar des lois de la guerre en droit international. La paix du marché était souvent placée sous la protection d'un temple ; par la suite, des capitaines ou des princes l'ont prise en charge, trouvant ainsi une source de taxe. Car l'échange est la forme spécifiquement pacifique d'acquisition de la puissance économique. Evidemment, il peut s'allier avec la violence. Le navigateur de l'Antiquité ou du Moyen Âge prenait volontiers gratuitement ce dont il pouvait s'emparer par la violence, et il ne s'adonnait au marchandage que seulement où il avait affaire à une puissance égale à la sienne ou bien lorsqu'il croyait sage de ne pas compromettre futures chances d'échanges. Toutefois, l'expansion intense relations d'échanges va de pair avec une pacification relative. Toutes les paix publiques du Moyen Âge sont au service des intérêts d'échanges, et, comme Oppenheimer (en) l'a souligné à maintes reprises, l'appropriation des marchandises par échanges libres, économiquement rationnels, est, dans sa forme, l'opposé conceptuel de l'appropriation des marchandises par la coercition quelle qu'elle soit, en particulier par la coercition physique dont l'exercice réglementé est l'élément constitutif de la communauté politique.

[inachevé]

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  1. Tout comme les éditions Plon (et Pocket), nous gardons la pagination de la quatrième édition allemande