Les raisons de ne pas craindre l'islam:Recension


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Samir Khalil Samir
Les Raisons de ne pas craindre l'islam, Presses de la Renaissance, 2007, 230 p., 20€, trad. de l'it. par Nunzia Gerace
Par Anton Dertovk, mai-juin 2009

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Une interview du père Samir Khalil Samir en italien

Sommaire

Les raisons de ne pas craindre l'islam

Quiconque s’attend à un livre d’œcuménisme irénique ou voudrait trouver dans cet ouvrage des ressources alimentant la thèse d’une coexistence forcément pacifique entre les démocraties libérales et le monde musulman sera déçu, puisqu’en effet, derrière un titre trompeur des Presses de la Renaissance responsables de la traduction de l’italien, se cache un entretien entre un père jésuite et deux journalistes qui, en cinq parties regroupant 100 questions, permet de découvrir l’islam sans qu’aucune raison de ne pas le craindre ne soit particulièrement donnée. Malhonnêteté mercantile ou bonne façon d’éclairer un public plus large en l’attirant par un titre fallacieux, chacun jugera. Néanmoins, la qualité de l’ouvrage reste intacte et les réponses de Samir Khalil Samir (en) se révèlent instructives et mesurées, sans tâcher d’effrayer dans les chaumières à l’aune d’un islam approximatif, ni de faire un tableau trop lénifiant de la troisième religion du monde.

Les fondements de l’islam

Les premières pages sont consacrées à éclairer le néophyte sur la religion islamique, sa naissance dans la péninsule arabique durant les 22 années d’activité religieuse du prophète Mahomet, entre 610 et 632, la vie du prophète entre La Mecque et Médine, ses déboires auprès des autres « gens du Livre », ses conquêtes militaires et l’évolution de la pratique religieuse. On suit alors un homme de 40 ans qui à la suite d’une retraite solitaire dans les montagnes où il a eu une expérience mystique intense, décide de partager cette révélation aux populations païennes de l’Arabie Saoudite, et notamment à La Mecque où des tribus polythéistes viennent adorer leurs idoles. Puis sa première hégire vers Yathrib (appelée dès lors Médine, la ville du Prophète) où l’activité de Mahomet devient aussi sociale et politique que spirituelle, « concluant des pactes avec toutes les tribus présentes, y compris les puissantes tribus juives » (p.23), jusqu’à la rupture, un an et demi plus tard, avec celles-ci, le poussant à orienter la prière vers La Mecque et non plus Jérusalem ou ne plus faire coïncider le jeûne musulman avec le jour du Kippour, ce qui l'amène à devenir chef militaire, allant faire quelques dix-neufs guerres et razzias pour nourrir ses adeptes. « La guerre fais[ant] partie de la coutume bédouine » (p.24), nul ne vit de contradiction entre l’aspect religieux et guerrier de l’entreprise mahométane, si bien qu’avec une fine stratégie il finit par convertir politiquement (et religieusement, la distinction n’a pas de sens dans la pensée musulmane) de nombreuses tribus, avant de devenir assez fort pour attaquer Médine, massacrer les tribus juives à Khaybar [1] et enfin La Mecque. Il mourra dans les bras de son épouse préférée en 632, après avoir déclaré parachevée sa mission.

Sur le sujet :

Le jeu de question / réponse se poursuit alors autour du Coran, sa révélation auprès de Mahomet, « descendu » sur lui lors de la Nuit d’Al-Qadr pour être ensuite communiqué « par passages » par le Prophète à ses fidèles, selon les circonstances, se faisant le relais concret d’un texte dicté par Dieu via l’archange Gabriel ; la façon dont les 114 sourates ont été rassemblées et les difficultés qu’il y a restituer un texte dans une langue antique ; sur le droit d’interprétation de ce texte religieux dont Averroès fit même un devoir jusqu’à ce qu’au XIème siècle l’on décide que tout avait été dit et que les « portes de l’interprétation » ne soient déclarées fermées, Al-Ghazali étant le dernier philosophe à avoir « repensé l’islam d'une façon définitive » ; le style propre du Coran véritable (et unique) miracle du Prophète.

L'islam et le monde moderne

L'islam hors du Dar al-Islam et ses rapports avec le christianisme

Notes

  1. La victoire de Khaybar est entrée depuis dans la mythologie musulmane, comme symbole de leur supériorité sur les juifs, et est souvent évoquée dans les slogans islamiques ou des jeunes de l'Intifada palestinienne