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Version audio du discours de Himmler
Les camps de concentration […] jouent un rôle très important. Nous, vieux nazis, comprenons bien, je crois, que si ces 50 à 60 000 criminels politiques et de droit commun étaient dehors et non dans les camps de concentration, les choses seraient bien difficiles pour nous, camarades. Mais comme cela, ils sont réunis dans les camps de concentration avec 150 000 autres gens parmi lesquels un petit nombre de Juifs et un grand nombre de Polonais, de Russes et autre racaille, et ils produisent actuellement environ 15 000 000 d’heures de travail […]
Je me permettrai d’aborder une question qui vous semble peut-être aller de soi, camarades, mais qui a été la question la plus difficile à résoudre de toute ma vie : la question juive. Qu’il n’y ait plus de Juifs dans votre province est pour vous une chose satisfaisante et évidente. Tous les Allemands - sauf quelques rares exceptions - ont bien compris que nous n’aurions pas supporté et que nous ne supporterions pas les bombardements ni les difficultés de quatre, peut-être cinq ou six années de guerre si cette peste qui décompose tout se trouvait encore dans le corps de notre peuple. La phrase " les Juifs doivent être exterminés " comporte peu de mots, elle est vite dite, messieurs. Mais ce qu’elle nécessite de la part de celui qui la met en pratique, c’est ce qu’il y a de plus dur et de plus difficile au monde. Naturellement ce sont des Juifs, ce ne sont que des Juifs, c'est évident ; mais pensez au nombre de gens - même des camarades de Parti - qui ont adressé à n’importe quel service ou à moi-même cette fameuse requête disant que bien sûr tous les Juifs sont des porcs, sauf Untel ou Untel qui sont des Juifs convenables auxquels on ne doit rien faire. J’ose affirmer qu’à en juger par le nombre de ces requêtes et le nombre de ces opinions en Allemagne, il y a ni plus de Juifs convenables qu’il n’en existait nominalement. Nous avons en Allemagne tant de millions d’individus qui ont chacun leur fameux Juif convenable, que ce nombre est plus important que le nombre des Juifs. Je mentionne cela simplement parce que vous avez pu remarquer dans vos provinces que des nationaux-socialistes respectables et convenables connaissent tous un Juif convenable lui aussi.
Je vous demande avec insistance d’écouter simplement ce que je dis ici en petit comité et de ne jamais en parler. La question suivante nous a été posée: " Que fait-on des femmes et des enfants ? ". Je me suis décidé et j’ai là aussi trouvé une solution évidente. Je ne me sentais en effet pas le droit d’exterminer les hommes - dites, si vous voulez, de les tuer ou de les faire tuer - et de laisser grandir les enfants qui se vengeraient sur nos enfants et nos descendants. Il a fallu prendre la grave décision de faire disparaître ce peuple de la Terre. Ce fut pour l’organisation qui dut accomplir cette tâche la chose la plus dure qu’elle ait connue. Je crois pouvoir dire que cela a été accompli sans que nos hommes ni nos officiers en aient souffert dans leur cœur ou dans leur âme. Ce danger était pourtant réel. La voie située entre les deux possibilités : devenir trop dur, devenir sans cœur et ne plus respecter la vie humaine, ou bien devenir trop mou et perdre la tête jusqu’à en avoir des crises de nerfs. […]
La question des Juifs sera réglée d’ici à la fin de l’année dans les pays occupés par nous. Il ne subsistera plus que des restes de population juive qui auront trouvé abri quelque part. La question des Juifs mariés à des non-Juifs et celle des demi-Juifs va être étudiée avec raison et bon sens : nous allons prendre une décision et l’appliquer […]
Vous êtes maintenant au courant, et vous garderez tout cela pour vous. Bien plus tard, on pourra peut-être se poser la question de savoir s’il faut en dire plus au peuple allemand. Je crois qu’il vaut mieux que nous - nous tous - prenions cela sur nos épaules pour notre peuple, que nous prenions la responsabilité (la responsabilité d’un acte et non d’une idée) et que nous emportions notre secret avec nous dans la tombe.