Chrysostomos Mantzavinos
Titre original : Individuals, Institutions, and Markets
Première publication : Cambridge: Cambridge University Press, (Series: The Political Economy of Institutions and Decisions), 2001
Edition utilisée : PUF, sociologies
Traduit par Laurent Baechler
Publié ici : incipit
L'ouvrage propose ce que l'on pourrait considérer comme une théorie de l'émergence des institutions d'une société et du déroulement des processus de marché dans ce cadre institutionnel. Nous disposons déjà d'un grand nombre de modèles théoriques concernant l'émergence et le fonctionnement des institutions sociales et du marché. Le principal objectif de l'ouvrage est de montrer que les institutions sociales, définies comme les règles du marché, ainsi que les processus d'échange, peuvent être analysés dans un cadre théorique commun. Nous proposons comme cadre théorique un modèle de comportement individuel pour la résolution des problèmes inspiré de l'épistémologie évolutionniste et de la psychologie cognitive. Un modèle de résolution des problèmes fondé sur les résultats expérimentaux des sciences cognitives offre une synthèse des deux modèles de base couramment utilisés en sciences sociales, à savoir l' homo œconomicus et l' homo sociologicus, et permet d'incorporer les questions relatives aux institutions et au changement institutionnel au fonctionnement du marché, afin d'élaborer une véritable économie politique.
Celle-ci peut être considérée comme une transformation de la théorie économique néoclassique en une discipline tenant compte des institutions. Notre principal argument est effectivement qu'une étude sérieuse des phénomènes économiques doit prêter attention au contexte institutionnel qui les oriente. Les économistes négligent souvent l'importance des institutions pour la vie économique et sociale, et élaborent des théories qui considèrent les institutions comme données ou même optimales. Alors qu'une théorie de l'économie politique doit intégrer systématiquement l'étude du contexte institutionnel et montrer comment il affecte l'économie.